Fertilisation et nitrates

La nappe alluviale se situe dans un contexte pédoclimatique propice à la fuite de nitrate. C'est pourquoi, il est important de raisonnée la fertilisation et les pratiques culturales pour éviter les fuites de nitrates vers la nappe et les cours d'eau : 

Un territoire propice aux transferts de nitrates :

Les transferts de nitrates vers la nappe alluviale ont lieu :

  • Lorsqu'il y a une présence d'azote dans le sol suite à des conditions propices à la minéralisation, ou à un apport excédentaire par des engrais par exemple
  • Lorsqu'aucune culture n'est présente pour absorbé les nitrates
  • Lorsque qu'il y a une situation d'excès d'eau
  • Lorsque les sols sont infiltrant et peu profond

Sur le territoire, le maïs culture majoritaire laisse les sols nus en automne et hiver. A cette période de l'année les précipitations sont fortes et les conditions (automne doux et pluvieux) favorisent la minéralisation et le relargage de nitrate. La nappe est peu profond avec des sols infiltrant présentant une forte teneur en éléments grossiers. Toutes les conditions sont donc réunies pour qu'il y ai une fuite de nitrate vers la nappe. 

Des solutions pour limiter les transferts : 

Comme expliqué précédemment, la majeure partie des fuites de nitrates ont lieu en automne après la récolte du maïs. Pour éviter ces pertes de nitrate, deux paramètres sont important : 

  • Diminuer les reliquats d'azote à la récolte en raisonnant la fertilisation de la culture notamment en faisant un Plan Prévisionnel de Fumure (PPF) pour prévoir les besoins en engrais pour la culture à venir
  • Fractionner les apports (pour le maïs un apport au moment du semis lorsque le reliquat d'azote n'est pas suffisant et un apport principal au stade 6-8 feuilles)
  • Implanter un couvert en automne qui va absorber les nitrates présents en excès dans le sol et les restituer à la culture suivante (lien vers la page couvert)
  • Eviter les pertes par volatilisation

Réussir son maïs en zone de captage :

Depuis 2011, la Chambre d'agriculture des Pyrénées-Atlantiques et Euralis réalisent des essais « azote » sur la culture du maïs. L'objectif de ces essais est d'identifier les pistes d'amélioration pour limiter le lessivage des nitrates dans l'eau. Fiche essaie fertilisation 

Voici les résultats tirés des essais :

  • La dose calculée selon la méthode officielle permet d'obtenir l'optimum la plupart des années. 
  • Des baisses de doses peuvent s'envisager mais augmentent le risque de voir le rendement chuter. Par ailleurs cette baisse de dose ne permet pas de baisser les reliquats azotés de manière flagrante.
  • Les engrais retard n'apportent aucun gain, et ne permettent pas une réduction importante des reliquats d'azote importante. Ils ne se justifient pas pour le maïs.
  • Les inhibiteurs d'uréase, vu leur surcoût, sont à réserver aux agriculteurs qui n'enfouissent pas l'azote en interligne. Le binage apporte toujours des meilleurs résultats pour la valorisation de l'urée.
  • La technique d'apport peut jouer un rôle dans l'efficacité de l'engrais apporté et sur les reliquats post-récoltes 
    • L'urée enfoui par double coutre ainsi que l'urée apporté en plein avec binage sont les deux méthodes qui offre un gain de rendement par rapport aux techniques classiques (urée enfouie en simple courte)  
    • Ne pas enfouir l'urée est toujours pénalisant du fait de la volatilisation.
    • L'apport d'ammonitrate au pied du maïs permet un gain de temps et de moindres reliquats tout en procurant une augmentation de rendement.